Classic and Sports Car rallye by Jadevents

Xavier Dochez à la 30e Carrera Panamericana Mexicana...

 

Du 13 au 19 octobre se disputait la 30ème édition de la fameuse Carrera Panamericana qui fut, à sa création en 1950, la plus longue course automobile sur route !

En voici un résumé sous forme de "conseils à un engagé" par Xavier Dochez :

 

l’Espinazo del Diablo... la bien nommée...

 

En compagnie de Grégory Galiffi de Direct Auto...

 

CARRERA PANAMERICANA 2017 / 30th anniversary

The Ultimate Road Race…, bienvenues en Enfer !!

 

Conseils à un engagé

 

Le transport du matériel par bateau, arrivée

Bien penser à tout prévoir à l’avance, car si vous omettez de signaler tout le matériel importé, vous perdrez du temps au dédouanement…
Nous avons perdu deux jours à cause d’un minibar vide que l’on avait chargé au dernier moment et qui ne figurait pas sur la liste.

 

 

 

 

L’assistance

Départ très tôt le matin vers les Points Services.
L’assistance peut travailler autant qu’elle le souhaite le soir après l’arrivée, soit en Parc Fermé ou sur les parkings des hôtels lorsqu’il n’y a pas de Parc Assistance prévu et organisé.

 

 

 

 

Le déroulement de la course

Lever le matin à 5H30 pour un départ sous arche à 7h00 avant le lever du soleil (!).
Les étapes de liaison entre les Spéciales se parcourent au même rythme que les spéciales, c’est à dire à fond !

Il ne faut en aucun cas lâcher le peloton car si vous avez un problème technique sur une étape de liaison, vous ne pourrez jamais rattraper la meute vu le rythme soutenu.

Dans ce cas il vous faut sauter une ou deux Epreuves Spéciales ou aller directement à la ville étape et ne pas être classé.

Si vous respectez les limitations de vitesse vous ne finirez aucune journée dans les temps, en passant sous l’arche d’arrivée.

 

 

 

 

 

 

Les épreuves Spéciales

Les Epreuves Spéciales se déroulent "au pied levé", dès l’arrivée des concurrents.
La circulation est seulement interdite temporairement, pendant leur déroulement, et les riverains attendent sagement sur le bord de route qu’elle soit ré-ouverte, provoquant ainsi des files impressionnantes de véhicules en attente de passage.

Une fois toutes les voitures de course passées dans la Spéciale, l’organisation démonte les panneaux et les tables de chronométrage et filent rejoindre la Spéciale suivante, laissant la circulation publique s’écouler...

Toutes les Spéciales, entre six et dix par jour, se déroulant de cette façon, cela implique de ne pas prendre de retard, par rapport au peloton des concurrents, sinon vous arriverez à la Spéciale alors que la route a été, déjà, rendue à la circulation !

Ces épreuves Spéciales peuvent être improvisées, du jour au lendemain, si un problème d’autorisation administrative ou policière apparait, rien ne faisant reculer les organisateurs dans l’improvisation… Enorme !!

Il arrive fréquemment que quelques animaux locaux soient présents sur le tracé des Spéciales (chiens, vaches, cochons) mais, heureusement, pas de véhicules… les riverains étant largement informés !
Toutefois, si un concurrent se trouve accidenté dans une épreuve Spéciale, celle-ci n’est absolument pas arrêtée, la course continuant à se dérouler… et on les salue au passage !!

Chaque voiture de course dispose d’un transpondeur pour le chronométrage et d’un système de positionnement GPS permettant aux organisateurs de connaître la position de chacun. Une carte de pointage est également utilisée pour les temps.

La distance entre deux épreuves Spéciales peut être de 2km comme de 200km, avec des temps impartis extrêmement "justes", d’où l’intensité du rythme à maintenir sur les liaisons.

Enfin, le niveau des épreuves Spéciales est très inégal et, compte tenu de la cadence, vous n’avez jamais le temps d’adapter votre voiture à la configuration du terrain du jour.
Vous pouvez, ainsi, passer dans la même étape, d’une Spéciale très sinueuse avec des virages relevés façon "Indy Car" à une Spéciale extrêmement rapide avec des pointes à 180 km/h., à une autre au revêtement complètement défoncé…

 

 

 

 

 

La police

La Police Mexicaine est quasiment le "partenaire" de la Panamericana, et donc, à ce titre, très présente sur les routes et les épreuves Spéciales, non pour contrôler votre vitesse ou autres mais pour arrêter la circulation et permettre aux concurrents de rouler à des vitesses hors normes, surtout, pour nous européens !

Pour exemple :
Une journée-étape de 680 km avec 10 Spéciales à disputer, vous obligeait à rouler à une vitesse moyenne, en liaison sur routes ouvertes, supérieure à 100 km/h. avec des pointes jusqu’à 150 km/h. et, ensuite, en Spéciales au meilleur de vos possibilités et de celles de votre auto. Donc en Porsche 356 Pre A, je peux vous confirmer qu’à plusieurs reprises le compteur de ma "Eva Peron" nous indiquait 175 km/h. sur ces routes… et, croyez-moi, on n’est pas fier à ce moment-là… on se rapproche même du Seigneur !
Donc, c’est très, très chaud !!!

Mais, pourquoi ce train d’enfer ?
Tout simplement, en raison de la présence des grosses cylindrées américaine de type Studebacker et Mustang qui partent en tête de convoi et qui, elles, roulent à des vitesses très élevées, donc derrière il faut bien que tous les concurrents suivent leur rythme quelle que soit votre voiture.

Une autre curiosité mexicaine : la présence de très nombreux véhicules militaires jalonnant routes, villages et villes avec des soldats aux gros calibres chargés, prêts à tirer…
La première fois, on a un peu l’impression d’être en zone de guerre, mais, après information, on comprend vite que c’est la face visible de la lutte armée que mène l’Etat mexicain contre le trafic de drogue et ses passeurs qui tirent volontiers a vue sur les soldats, qui doivent surveiller toutes les voies de communication... La Police de ville, elle, est équipée de fusil de guerre M51 avec double chargeurs et balles engagées dans le canon !
Un plan "Vigipirate" à grande échelle !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les fins de journées

Le passage, chaque soir, sous l’arche d’arrivée vous permet de recevoir une médaille vous récompensant d’avoir terminé l’étape du jour. Une récompense toute simple, mais que vous recevez avec grande satisfaction, tant le nombre de voitures restées en panne sur la route, pour X raisons, est important. De plus, un soir sur deux, il y a une cérémonie de remise des prix pour les pilotes et co-pilotes, et cela dans chaque catégorie.

 

 

 

 

La vie quotidienne pendant la course

Durant la course, on dort en moyenne, seulement, 5 heures par nuit, surtout à cause de la fin tardive, chaque soir, de la cérémonie de remise des récompenses journalières et, ensuite, l’heure de départ fixée très tôt le lendemain matin.

La cuisine locale peut avoir des effets dévastateurs sur votre estomac, et il faut, donc, prévoir des traitements efficaces contre la "Tourista" pendant tout votre séjour sinon vous serez H.S.

Enfin, le stress reste très présent tout au long de le route, surtout en liaison, du fait de la vitesse élevée qu’il faut maintenir tout au long de la journée sur route ouverte… il faut donc être d’une vigilance extrême sur la route, et suivre, à la virgule près, le road book.

 

 

 

L’assistance mécanique

L’Assistance se fait sur les points services qui sont définis par les organisateurs.

Les temps d’arrêt prévus sont en moyenne de 40 minutes pour travailler sur les autos et, donc, là encore pas de temps à perdre, d’autant plus que la plupart du temps ces temps d’assistance sont programmés à l’heure du repas, donc, pas de repas si vous avez rencontré des problèmes mécaniques !

Un détail : "l’octane booster" est facilement trouvable sur place dans les stations-services, de même que quelques pièces et outils dans les boutiques sur les routes de la Carrera...

 

 

 

 

 

 

 

La circulation mexicaine

La circulation mexicaine : un grand moment de l’histoire de l’automobile !

Au Mexique, toutes les routes a deux voies sont couramment utilisées en quatre voies sur lesquelles chacun dans son sens roule à deux de front et se double, ainsi, sans problème !
On peut donc, à tout moment, se retrouver à quatre de front, deux par voie, les véhicules doublés se serrant sur le bas-côté qui n’est, souvent, pas assez large, repoussant ainsi le véhicule doublant à cheval sur la voie d’en face, où la même scène a toutes les chances de se produire au même moment !
Donc, là encore, quelquefois c’est chaud… très, très chaud !!

Les feux tricolores, comme aux Etats-Unis, sont suspendus au-dessus des voies de circulation et, donc, moins visibles lorsque vous arrivez aux intersections !
Une plus grande attention est nécessaire, d’autant plus que le feu orange signifie, pour les mexicains : accélérez !
Enfin, la signalisation comme certains panneaux sont, quelquefois, totalement fantaisistes.

Comme toujours, le port du casque, sur les secteurs de liaison, n’est pas obligatoire.
En début de course, on se demande pourquoi tous les habitués de le Carrera en portent… et on comprend très vite pourquoi, lorsque l’on découvre les conditions réelles de circulation !!
De même pour les harnais de sécurité !
Nous avons vu deux concurrents qui ont terminés leur parcours de liaison juchés sur des toitures après avoir quitté la route à plus de 110 km/h. L’un en état d’urgence absolue et l’autre, malheureusement, décédé.
Ils roulaient sans harnais, ni ceintures de sécurité !

Enfin, les arrivées dans les villes-étapes sont souvent un "parcours du combattant", pour trouver les hôtels et les points-service d’assistance, il vous faut impérativement un GPS ou un MAPS quelconque, car vue la densité de la circulation et de la population, vous passez deux heures à tourner en rond dans la ville et vous pouvez, même, manquer le passage sous l’arche sur le podium d’arrivée… arche qui, en règle générale, est rapidement démontée vers 19h30.

 

 

 

 

Le Contrôle Technique avant le départ

Le contrôle technique des voitures est assez rigoureux, pour nos modèles européens qui ne respectent pas toutes les règles de sécurité sur l’arceau cage, il vous faut un PTH correspondant parfaitement avec l’équipement de votre voiture sinon vous ne pourrez pas prendre le départ.

Ce point de règlement concernant l’arceau 6 points minimum est vraiment sensible pour les organisateurs et on peut comprendre pourquoi.
Toutefois, si votre PTH est homologué sur la base d’un arceau 4 points, ils ne vous demanderont pas de souder 2 points supplémentaires, et ceci, grâce à votre PTH.

Tous vos équipements de sécurité doivent, absolument, être conformes à la réglementation mise à jour à la date du contrôle.

Il est recommandé, sans être obligatoire, d’équiper la voiture d’une sirène type "Police" américaine et de feux de police à l’arrière et à l’avant du véhicule pour améliorer votre signalisation dans la circulation !
Sinon, les contrôles portent essentiellement sur le moteur, les roues, les suspensions, les freins, les équipements de bord et de sécurité.

 

 

 

 

Accident ou problème technique

Lors d’une Spéciale si un problème survient, le co-pilote doit sortir de la voiture faire 50 mètres en arrière pour signaler immédiatement l’immobilisation de votre auto.
Le remorquage ne pourra se faire qu’une fois l’épreuve Spéciale terminée et votre voiture sera remorquée jusqu’au Point Service suivant.
Mais, ce n’est pas votre assistance qui va chercher la voiture dans la Spéciales mais bien un véhicule de l’organisation.

 

Les soirées

Une fois l’arche d’arrivée franchie les voitures sont exposées au public qui est vraiment très très nombreux et qui réclame des photos, des cartes postales de vos voitures, des autographes et cela en grande quantité… donc il est obligatoire de jouer le jeu en prévoyant du matériel "promo" !
L’ambiance de cette Carrera est particulièrement chaleureuse, entre les concurrents bien sûr, et encore plus avec le public.

Les soirées se déroulent dans des endroits superbes où tout est prévu dans les détails, et pour un pays comme le Mexique, qui est loin d’avoir des infrastructures très modernes, je leur adresse toutes mes félicitations, on ne fait pas mieux chez nous.

Une fois ce "Show Time" terminé, on regagne le Parc d’Assistance et on peut travailler sur les voitures. La zone de départ du lendemain peut être proche des aires de service ou non, donc il faut être vigilant sur le temps de déplacement pour rejoindre la zone "départ".

Votre assistance ne pouvant être présente que sur les Points Services prévus par les organisateurs, il faut toujours prévoir dans la voiture un minimum de pièces de rechange et d’outillage pour pouvoir intervenir, en urgence, sur l’auto.

 

 

 

 

 

 

 

Les relations avec la populations

Le peuple mexicain est entièrement voué à cette épreuve. Si vous rencontrez un problème vous serez, tout de suite, aidé et avec tous les moyens possibles à leur portée. On a même vu une voiture ressortie d’un champ, tirée par un bœuf au moyen de cordes…
De même, pour la Police dont l’implication dans cette compétition est exemplaire. Les policiers en arrivent même à oublier le Code de la Route au profit de la vitesse…
c’est un peu le "CANONBALL" autorisé… c’est dire !!

 

 

 

 

 

L'infrastructure routière

Souvent, les routes normales sont dans un état pitoyable : trous, bosses, revêtement inégal sont monnaie courante, donc attention, à cause de la vitesse, prévoir des châssis et suspensions renforcés… et des roues de secours !

Pour les autoroutes, c’est un peu tout ou rien : ou bien c’est neuf ou bien c’est l’apocalypse… les péages sont extrêmement nombreux et sans logique de tarif au km…

Les poids lourds, au format américain, sont très nombreux, et sont très longs avec leur double remorque, ils roulent plein gaz en échappement souvent libre, je vous laisse imaginer…
Pas simples à doubler par moment, d’où la circulation… à quatre de front.

Certains secteurs se font sur pistes en terre lorsque des travaux occupent la chaussée : les champs voisins sont, alors, aménagés en voie provisoire "de fortune" pour franchir la zone.
Les dos d’âne sont encore plus nombreux que les habitants, et pas forcément visibles ni annoncés…

 

 

 

 

 

Notre Conclusion

Une course très éprouvante pour les équipages et les machines, (4 voitures sur 5 de notre classe n’ont pas terminé la course).
Préparation physique et mécanique hors norme.
8 jours de roulage continu.
Dès le deuxième jour de course, plus que 68 concurrents au départ sur les 82 de la veille…
Des moyennes journalières de 500 à 600 km et 8 Spéciales.
Des parcours exclusivement en montagne.
Les petits déjeuners et les repas du midi pris "à la volée".
Le soir, à 22 heures, on rêve de son lit mais sans y être.
Le matin à 5 heures, on souhaiterait que votre réveil vous oublie.
La cadence folle des enchaînements des Spéciales.
Le non-respect généralisé du code de la route sur les secteurs de liaison.
Des infrastructures routières souvent dépassées…

Toutes ces raisons font de cette course, assurément, la plus difficile et la plus dangereuse au monde, son qualificatif de "The Ultimate Road race" n’est absolument pas usurpé… une course à ne pas prendre à la légère.

Nous, petits français habitués à des épreuves qui sont, pour le coup, aseptisées, nous avons vite compris ce qui allait nous attendre... L’ENFER… !
L’ambiance unique et le peuple mexicain absolument fan de cette épreuve renforce cette sensation unique.

Enfin, le dévouement exceptionnel des équipes de l’organisation et celles de la police font que nous sommes vraiment dans une compétition comme il n’en existe nulle part ailleurs et c’est tant mieux, jamais en France ou en Europe nous ne pourrions trouver pareil contexte !

En tant que coureur ou simple amateur, il faut absolument avoir fait, au moins une fois, cette Carrera Panamericana mythique !!!

Longue vie à la Carrera Panamericana.

 

 

 

 

 

 

 

L’Espinazo del Diablo... en vidéo embarquée !

Cliquez pour voir la vidéo

 

Cliquez ici pour lire ou relire notre artile sur cette auto mythique.

Cliquez ici pour en savoir plus sur La Carrera Panamericana

 

Rejoignez-nous !

Une belle auto qui ne roule pas assez souvent ?
Une envie de rouler 4 jours au grand air ?
Le souhait de partager de grands moments
avec des passionnés de belles automobiles ?
Alors, rejoignez-nous...

Une expérience inoubliable

Le besoin de rouler 4 jours au grand air sur des routes exceptionnelles ?
Une envie de découvrir des régions et des paysages peu connus ?
L'occasion de visiter des lieux, des sites et des villages pittoresques ?
Alors, venez vivre une expérience inoubliable...

Devenez partenaire

Vous êtes passionné de belles autos ?
Vous êtes Chef d'Entreprise ?
Vous souhaitez participer à nos Rallies ?
Alors, devenez partenaire ...